“Non Facture” (2 au 31 juillet 2005) [ Estive ]

« L'art inspire le monde parce qu'il est le monde au moment où il le pense et ne peut être considéré comme un objet partiel. Il a toujours quelque chose à voir avec la machine, le commerce, l'argent, la séduction, en bref avec l'autre ».
Stéphanie Moisdon Trembley

Cette manifestation qui ne se veut pas une exposition, qui présente au regard des photographies qui ne sont pas des œuvres, qui ne sont pas signées par un artiste, qui sont considérées comme ratées par le commerçant photographe au point qu'il les Non Facture, cette manifestation ne prétend rien démontrer et n'affiche aucune orientation artistique précise.

Elle pourrait se penser comme une simple dérive artistique. Ces photographies tirées du rebut pour accéder au visible, ont cependant été sélectionnées parmi tout un ensemble jetable. Sur quel critère ? Très arbitrairement celui du flou.

Parce que produire de l'illisible, de l'incertain, de l'inconséquent, du vide parfois, génère l'idée du contraire.

On suscite ainsi l'envie chez le regardeur d'une image achevée, d'une image reconstituée par sa mémoire visuelle des arts, de l'histoire, de son vécu.

Le but ici recherché est que ce regardeur s'engage dans une démarche active, en complétant le travail exposé, en entretenant une véritable conversation dans l'espace qui sépare ce que lui-même perçoit de ce qui est perçu. Et que cette rencontre dialectique consciemment voulue entre le processus mental du regardeur et sa contrepartie matérielle, féconde sa réflexion et/ou son imaginaire.

Cette manifestation entend donc, à son échelle, se distinguer des expositions classiques en ce sens qu'elle a pour volonté première de partager avec un public une pratique artistique activée par un échange d'idées informelles. Qu'il s'agisse de questionner « le vaste territoire des modalités d'expression de la valeur de l'art », de s'interroger sur les rapports que l'art entretient avec l'institution et le marché, qu'il s'agisse d'interpréter des assertions telle celle de Robert Filliou : « L'art, c'est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art. ».

Hors de toute notion de présentation ou de représentation, l'Estive, dans ce « donné à regarder », où les rencontres et les échanges d'idées qui en résultent sont essentiels, expérimente l'événement.


Annie Gouëdard-Le Goff
[ Estive ]

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