Édito de juillet 2005 [ Textes | Suivant ]

Apologie de la photo de vacances


Juillet déjà ! Lorsque le prochain MOIT sortira nous serons en septembre et il sera temps de penser à notre expo annuelle, dont le thème est “deux” (n'est-ce pas ?).

D'ici là, deux mois d'été se seront écoulés, traditionnellement consacrés aux “vacances”. Bien sûr rarissimes sont ceux qui pourront bénéficier de deux mois de congés et certains d'entre nous n'auront même pas droit, ou la possibilité, de prendre un seul petit jour (néanmoins, s'il n'y a pas de vacances il y a toujours des vacanciers !). Mais, normalement, nous aurons tous pendant cette période un appareil photo sous la main ou pas loin. Peut-on en effet imaginer un membre du club en vacances sans une boîte à capturer des images ? Un jetable ou une chambre, un argentique ou un numérique, un compact ou un reflex, peu importe, pour ramener LA photo du siècle, celle qui gagnera tous les concours ou qui serait si bien pour une affiche 4x3 ?

Bien sûr, il se fera aussi de ces photos que l'on appelle de famille, qu'on ne regardera qu'avec ses proches ou avec ses amis et que, au grand jamais, on ne montrera au club. Et pourtant elles sont loin d'être négligeables. Peut-être même, à la réflexion, sont-elles les plus importantes de l'année.

Importantes, elles le sont d'abord par leur nombre. 35 images sur 36 (pour les fanas d'argentique), peut-être plus encore, sont destinées à l'album personnel (ou ce qui en tient lieu). Celle qui reste possède éventuellement quelques caractéristiques qui permettront de la montrer hors du cercle des intimes.

Importantes, elles le sont aussi par leur signification émotionnelle. Car ces instants volés au temps seront remémorés dans leur totalité à chaque fois que l'image sera revue, même des dizaines d'années plus tard : “Tu te souviens de ... la chaleur ... le crissement des sauterelles ... qu'il y avait à ce moment ?” L'image rappelle le souvenir global et l'émotion qu'il engendre sera partagée par toutes les personnes présentes lors de la prise de vue.

Alors pourquoi ne pas aller au bout de la logique et placer dans le champ de l'appareil les personnes avec qui l'on se trouve ? Il est bien sûr possible de les faire poser en rang d'oignons au premier plan, mais il est plus fructueux, par exemple, de les transformer en acteurs d'un instant. Il ne faudra pas longtemps avant que tout le monde, petits ou grands, se pique au jeu et que le plaisir s'en mêle.

Et puis le photographe lui aussi est concerné, n'y a-t-il pas pour cela un retardateur sur la plupart des boîtiers ? Du coup il gagnera un point de vue inhabituel s'il n'a pas de tripode et qu'il cale l'appareil avec des pierres ou le pose sur un support improvisé (si l'image n'est pas horizontale, il dira que c'est volontaire).

Les images réalisées pendant les vacances sont donc avant tout des photos de famille et les cimaises seront reléguées à l'arrière-plan. Il est vain de penser que, cette image là, si elle n'est pas bonne pour une expo, cela fera toujours un souvenir. Le bon sens recommande en effet de ne pas courir deux lièvres à la fois.

Pourtant, bien sûr, à un moment ou à un autre on se retrouvera devant l'occasion et l'acte de photographier changera de nature. L'image de concours y gagnera si le déclenchement n'est destiné qu'à cela et ne sert que cet objectif.

Et puis, malgré tout ce qui est dit plus haut, les images de vacances peuvent devenir des sujets d'exposition. Pour preuve, l'Imagerie, à Lannion, et la Maison des Arts, à Cavan nous proposent plusieurs expos sur ce thème pendant l'été.
 

Daniel Collobert
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