Édito de juin 2006 [ Précédent | Textes | Suivant ]

C'est dans les vieux pots ...


Je vous livre tout à trac un extrait littéral d'un manuel d'un vieil appareil photographique (quelques précisions à son sujet après la citation).


Quelques conseils pour la prise de vue de portraits :

Grosses têtes : ne pas se rapprocher à moins de 1 m, sinon risque de perspective déformée.
Agrandir des fragments d'image.
Mise au point sur les yeux du sujet.
Ne pas diaphragmer au-delà de 5,6 : effet de relief par une netteté différenciée.
Détacher le sujet du fond. Fond uni, de tons neutres (en plein air - ciel).
Le meilleur éclairage en plein air, tôt le matin ou le soir lorsque le soleil n'éblouit pas.
Le ciel couvert donne une lumière diffuse, douce.
À éviter, par contre, la lumière dure, le soleil haut sur l'horizon, les ombres denses.
Au besoin, éclaircir les ombres (carton argenté, lampe-éclair).
Disposition recommandée pour lumière artificielle : lampe Photoflood 1 - éclairage de face (tout près de l'appareil, un peu plus haut que la tête), lampe 2 de côté pour éclaircir les ombres ; exposition 1/30 sec env. Eclairage d'effet : lampe 3 (d'en haut ou à contre-jour).
Contre l'éblouissement de l'objectif et de l'opérateur : parasoleil.
Film panchro. Pas de filtre.
Humecter les lèvres du sujet (jeux de lumières !).


Je ne trouve rien à redire et peut-on trouver quelque chose de pertinent à rajouter ?

Le manuel est celui d'un Rolleiflex (vous savez, celui qui possède 2 objectifs superposés). Il date de 1954. Après avoir traité de l'anatomie de l'appareil puis de son mode d'emploi, ce que font tous les manuels, il possède l'originalité de donner des conseils de prise de vue pour les paysages, le portrait, les enfants, les animaux, les sports, le théâtre, la nuit, les reproductions, les plantes, fleurs et herbes et pour bien d'autres sujets encore.

Sa lecture est édifiante au point que je m'interroge : si la technique de prise de vue n'a pas changé depuis plus d'un demi-siècle, les appareils se sont-ils vraiment modifiés ? Après tout, ne sont-ils pas tous et toujours constitués d'un objectif, d'une chambre noire et d'une surface sensible ?

Qu'est-ce qui sépare réellement la personne qui pratique le sténopé ou la chambre de celle qui utilise le dernier modèle d'appareil numérique ?

À l'évidence la poudre est inventée depuis longtemps, alors si nous parlions davantage d'image et moins de technique ?
 

Daniel Collobert
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